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Trois artistes corses / Itinéraires
LES TROIS DE LA SECTION ARTS
vendredi 16 octobre 2009
Bernard Filippi, Ange Leccia et Jean-Paul Pancrazi, trois artistes qui se sont connus devant les chevalets de la section artistique du Lycée Marbeuf à Bastia sont à nouveau réunis, après trente ans "d’indépendance", par Arte Mare. Une exposition événement.

Bernard Filippi, Ange Leccia et Jean-Paul Pancrazzi, les trois artistes qui composent l’exposition « Trois artistes corses/Itinéraires », ne sont pas réunis là par hasard. L’histoire de leur communauté épouse l’histoire récente de l’île. C’est à la fin des années 60 qu’ils se rencontrent, au début des années 70 qu’ils se lancent dans une grande aventure commune, liée au contexte historique, politique et culturel de la Corse.

Début des années soixante, donc, Lycée Marbeuf à Bastia. José Lorenzi, le « prof de dessin », expérimente un atelier offrant la possibilité de pratiquer les arts plastiques. En 1967 cet essai est institutionnalisé par L’Education Nationale qui fait de la classe « Option Art » la préfiguration de ce qui deviendra l’enseignement et le baccalauréat « Arts plastiques ».

La « section » offrait également un exceptionnel espace de liberté. Dans cet environnement quasi pénitentiaire d’un lycée d’avant 68, surtout pour un interne, ces plages horaires qui remplaçaient l’étude du soir, offraient la mixité, le mélange des tranches d’âges, du matériel, une pédagogie de projet et d’expérimentation. A tous les sens du terme la possibilité de sortir et de s’en sortir.

Quelques élèves vont ainsi découvrir leur vocation, et parmi ceux-là, Bernard Filippi, Jean-Paul Pancrazi et Ange Leccia. Tous trois nés au début des années 1950. José Lorenzi les pousse à approfondir leur curiosité créatrice. Une première exposition, en 1966, réunit les œuvres de Filippi et Pancrazi, auquel s’ajoute Nicolas Giudici. Avec Jean-Baptiste Filippi, le jeune frère de Bernard, la bande crée le Groupe Tox.

Le travail du groupe s’élabore sur une économie des moyens, une « extrémisation des signes et des matières », disent-ils alors. « L’acte d’art est résistance pour une libération ». Deux expositions fondatrices du groupe se tiendront à la MJC de Bastia, en 1976 et 77. Le destin commun de Bernard Filippi, Jean-Paul Pancrazi et Ange Leccia se poursuivra durant quelques années encore puis chacun empruntera ses propres voies créatrices.

LA VIE NUE DES ENERGIES

Il est frappant de voir combien le jeu des valeurs d’un tableau de Jean-Paul Pancrazi a tout l’air de n’avoir pas été composé, comme si la composition était née d’une spontanéité seconde. Signe que c’est l’instinct du peintre qui agit et non le seul mental. L’acte instinctif au sens pascalien de sentir et de deviner est lié à l’inspiration de l’instant. Dans la facture de sa peinture, rien n’est fignolé ni léché, d’où le sentiment de liberté que l’on éprouve devant l’évidente coïncidence des oppositions : l’intensité de la structure dominante et la prolifération émotionnelle et aléatoire des accidents, comme si, pour faire image, la rigueur hiératique de la Mort (au sens secrètement positif du mot) transcendait la prolifération anarchique de la vie. Ce sont moins les accidents visiblement spontanés qui nous touchent que la source d’énergies vibratoires à laquelle ils renvoient. Dans l’alliance et l’alliage ici des forces élémentaires des couleurs et là des vibrations vraies des graffiti, c’est la vie nue des énergies et leur échange des sangs que la peinture de Jean Paul Pancrazi évoque en silence. C’est dans cet espace transpictural que communient les énergies de l’homme et les énergies du monde pour révéler dans l’œuvre leur unique énigme infinie.

LA GIFLE DU POINT DE VUE

Plus que totalement abstraite, la peinture de Bernard Filippi organise le souvenir d’une vision souvent solaire, extraite des paysages corses. Le parcours du peintre a commencé avec Matisse qui justement était venu à Ajaccio rencontrer la lumière. On retrouve cette torsion, cette tension enracinée dans la couleur qui demeure le point de départ, la base, de ce travail. Elle s’y mêle à une nécessaire vitesse qui flirte avec le lyrisme.

Une base colorée souvent soutenue et profonde, comme une basse continue, constitue donc le départ qui domine par contrastes simples de valeurs qui ne font référence qu’à une sensation toujours prégnante mais toujours contredite et mise en risque d’être perdue.

La peinture de Bernard Filippi prend des risques. La vibration esthétique qui élabore l’ensemble est celle d’une peur originelle, d’un équilibre angoissé qui tord la composition dans une danse violente. Ces toiles nourries de la lumière, des paysages et des bords des routes de Corse, parce qu’elles sont nées d’un coup d’œil, de la gifle d’un point de vue, mettent en avant le regard. Celui intrépide du peintre mais aussi celui du spectateur, forcé de vérifier ses habitudes pour construire sa propre écriture visuelle, son propre paysage en acceptant le risque de se faire « accrocher ».

Toujours marquées par l’expressionnisme éclatant des couleurs, certaines œuvres introduisent une structuration plus géométrisée. Les titres convoquent le symbolisme, un tissu de culture et d’étonnements intimes et poétiques. Ainsi les ravins et le bord des routes sont pleins de délices et le risque est tout simplement celui de la beauté.

L’ANTI TOURISTE

Ange Leccia n’est d’aucune ville, il les investit toutes. Son œil suit les rues, les passants, les maisons, son oreille suit son œil, lui indique où se porter. Il n’est jamais perdu puisque sa flânerie n’a pas de but. En héritier du flâneur baudelairien, Ange Leccia circule avec une caméra légère, presque invisible ; elle suit sa déambulation, ne lui impose rien, fait partie du mouvement de son corps. Dans le film qu’il a réalisé en Egypte, cette flânerie forme une trame visuelle. Les mouvements du film sont des dédales qu’a tracés son regard dans la ville, le jour parmi les réparateurs de voiture, au milieu de jeunes filles sur la plage, la nuit sur la corniche ou dans Ramleh désertée.

Le touriste reste extérieur au monde, et s’en revient chez lui, pour raconter quelques anecdotes teintées d’exotisme. L’anti-touriste qu’est Ange Leccia s’approprie tout. Ses images raconteront toutes les histoires, des vies, des fictions de vie. Il est l’observateur de Baudelaire, " un prince qui jouit partout de son incognito ".

Leccia travaille les images comme un peintre travaille sa palette. La vidéo, contrairement à la photographie, permet à la lumière de se répandre sur l’écran, de s’écouler comme une trace de pinceau. Cette image, par exemple, d’une lampe de mosquée, d’une boule publicitaire, on ne sait plus très bien, lui non plus. Ce ne sont pas les choses qui importent, ce ne sont pas les détails, mais les matières. Dans l’image d’Ange Leccia, " les matières dépassent ce qu’elles racontent d’habitude ".

EVENEMENT

Arte Mare crée l’évènement pictural bastiais de l’année. Trente ans après l’exposition du Groupe Tox, les trois plasticiens et leur production actuelle sont à nouveau groupés, confrontés, réunis. Ils le disaient déjà, leur pratique n’est pas soudée, ils n’ont pas créé de « mouvement », ils sont là pour, au contraire clamer leur indépendance artistique les uns des autres, sans jamais remettre en cause leur mémoire amicale, leur histoire fondatrice. Arte Mare les présente donc, dans un même lieu, comme dans la poignée d’une main, Jean-Paul, Bernard, et Ange au faîte de leur art. Du passé, pourtant, il n’est pas totalement fait table rase. L’exposition présente également une rétrospective du groupe Tox. La « Section » de José Lorenzi vit.


Sources : Michel Camus (pour Jean-Paul Pancrazzi). Magazine Corsica (pour Bernard Filippi). Alexis Tadié 2001 – Catalogue du musée Niepce pour l’exposition Damas (pour Ange Leccia).

 

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